Sujet 87
Année terrible
Le poème "Année terrible" a été écrit en
1872 par Victor Hugo. A cette date, Hugo a 70
ans. Ce poème est donc une oeuvre de maturité.
Il maîtrise alors à peu près toutes les
techniques d'écriture, ce qui n'empêche pas le
texte de rester simple. Il y dénonce la guerre
civile et fait allusion à la "Commune". En fait,
c'est l'enfance dans la guerre qui est dénoncée.
Ce texte contient une leçon. Il est comparable à
une fable par ...
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Sujet 88
Aube
Le poème "Demain dès l'aube" nous raconte en
trois strophes le pèlerinage annuel que
l'intrépide marcheur qu'était Victor Hugo
effectuait entre le Havre et le cimetière de
Villequier. Occasion pour le poète d'un retour
sur lui-même, en même temps qu'une volonté de
retrouver celle qui n'est plus. Tout en suivant
le poème dans sa démarche (départ, pèlerinage,
arrivée), nous nous intéresserons ...
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Sujet 89
L'Expiation : Il Neigeait
Écrit en 1851, ce texte est extrait de
l'oeuvre : "Les Châtiments". Victor Hugo avait
49 ans. C'est une oeuvre au caractère politique
très important liée à son exil en Angleterre, et
pour protester contre Napoléon III qui a conduit
à son exil. Les "Châtiments" mettent en scène
Napoléon I en relatant toutes les défaites qu'il
a connues. Encore une fois, il profite de ce
texte pour dénoncer l'absurdité de la guerre. La
retraite de Russie est la première défaite de
Napoléon I. Dans ces 28 vers, il n'y a pas de
strophe. C'est un bloc compact qui aligne des
...
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Sujet 90
La Coccinelle
"La coccinelle" est un petit poème extrait
de la première partie des "Contemplations" qui
est le grand poème lyrique d'Hugo. Le titre est
original et déroutant : il a une connotation
infantile et sans intérêt. Or ce texte se
présente comme une petite histoire répartie en
cinq strophes composées de quatrains. Les vers
sont des heptasyllabes (huit syllabes). Ils sont
cours et ont une forme légère. Il s'agit d'une
anecdote amusante qui est la mésaventure d'un
baiser volé qu'Hugo transforme en baiser raté.
Hugo prend sur lui pour raconter une mésaventure
personnelle. On découvre ici le Hugo lyrique. Ce
texte a l'apparence d'une fable, c'est un récit
qui raconte l'apprentissage amoureux vécu par le
jeune Hugo de seize ans. Cette fable met en
scène la naïveté de l'adolescence sous la plume
d'Hugo agé alors de 54 ans. Il parle de lui pour
...
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Sujet 91
Les pauvres gens (II)
L'homme est en mer. Depuis l'enfance
matelot, Il livre au hasard sombre une rude
bataille. Pluie ou bourrasque, il faut qu'il
sorte, il faut qu'il aille, Car les petits
enfants ont faim. Il part le soir Quand l'eau
profonde monte aux marches du musoir. Il
gouverne à lui seul sa barque à quatre voiles.
La femme est au logis, cousant les vieilles
toiles, Remmaillant les filets, préparant
l'hameçon, Surveillant l'âtre où bout la soupe
de poisson, Puis priant Dieu sitôt que les cinq
enfants dorment. Lui, seul, battu des flots qui
toujours se reforment, l s'en va dans l'abîme et
s'en va dans la nuit. Dur labeur ! tout est
noir, tout est froid ; rien ne luit. Dans les
brisants, parmi les lames en démence, L'endroit
bon à la pêche, et, sur la mer immense, Le lieu
mobile, obscur, capricieux, changeant, Où se
plaît le poisson aux nageoires d'argent, Ce
n'est qu'un point ; c'est grand deux fois comme
la chambre. Or, la nuit, dans l'ondée et la
brume, en décembre, Pour rencontrer ce point sur
le désert mouvant, Comme il faut calculer la
marée et le vent ! Comme il faut combiner
sûrement les manoeuvres ! Les flots le long du
bord glissent, vertes couleuvres ; Le gouffre
roule et tord ses plis démesurés, Et fait râler
d'horreur les agrès effarés. Lui, songe à sa
Jeannie au sein des mers glacées, Et Jeannie en
pleurant l'appelle ; et leurs pensées Se
croisent dans la nuit, divins oiseaux du coeur.
Le premier titre de la Légende des siècles était
Les petites épopées, Hugo a ensuite changé de
titre. « j’écris tout simplement l’humanité, je
veux la peindre sous tous ses aspects, lesquels
se résument en un seul et immense mouvement
d’ascension vers la lumière ». Hugo croit en le
progrès matériel et spirituel. Pour écrire ces
poèmes, il adopte ...
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Sujet 92
Mors
Le texte "Mors" que nous allons étudier est
une pièce de 20 vers qui nous présente le
triomphe absolu de la mort, par la description
d'une atmosphère d'apocalypse que les deux
derniers vers ne parviennent peut-être pas à
dissiper. Le poème s'organise autour d'un double
jeu de sensations. D'une part, la sensation
visuelle, largement développée dans les dix
premiers vers, introduite par le passé simple
"je vis"; d'autre part la sensation auditive
développée à partir du verbe "crier". Nous
allons faire de ce poème une lecture linéaire
qui s'efforcera ...
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Sujet 118
Victor Hugo : « Soleil couchant », extrait des
Feuilles d'automne
Le soleil s'est couché ce soir dans les
nuées. Demain viendra l'orage, et le soir, et la
nuit; Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs
obstruées; Puis les nuits, puis les jours, pas
du temps qui s'enfuit ! Tous ces jours
passeront; ils passeront en foule Sur la face
des mers, sur la face des monts, Sur les fleuves
d'argent, sur les forêts où roule Comme un hymne
confus des morts que nous aimons. Et la face des
eaux, et le front des montagnes, Ridés et non
vieillis, et les bois toujours verts S'iront
rajeunissant; le fleuve des campagnes Prendra
sans cesse aux monts le flot qu'il donne aux
mers. Mais moi, sous chaque jour courbant plus
bas ma tête, Je passe, et, refroidi sous ce
soleil joyeux, Je m'en irai bientôt, au milieu
de la fête, Sans que rien manque au monde
immense et radieux!
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Sujet 125
Victor Hugo: extrait de L'homme qui rit
Je représente l'humanité telle que ses
maîtres l'ont faite. L'homme est un mutilé. Ce
qu'on m'a fait, on l'a fait au genre humain. On
lui a déformé le droit, la justice, la vérité,
la raison, l'intelligence, comme à moi les yeux,
les narines et les oreilles; comme à moi, on lui
a mis au coeur un cloaque de colère et de
douleur, et sur la face un masque de
contentement. Où s'était posé le doigt,de Dieu,
s'est appuyée la griffe du roi. Monstrueuse
superposition. Évêques, pairs et princes, le
peuple c'est le souffrant profond qui rit à la
surface. Mylords, je vous le dis, le peuple,
c'est moi. Aujourd'hui vous l'opprimez,
aujourd'hui vous me huez. Mais l'avenir, c'est
le dégel sombre. Ce qui était pierre devient
flot. L'apparence solide se change en
submersion. Un craquement, et tout est dit. Il
viendra une heure où une convulsion brisera
votre oppression, où un rugissement répliquera à
vos huées. (...) Tremblez. Les incorruptibles
solutions approchent, les ongles coupés
repoussent, les langues arrachées s'envolent, et
deviennent des langues de feu éparses au vent
des ténèbres, et hurlent dans l'infini ; ceux
qui ont faim montrent leurs dents oisives, les
paradis bâtis sur les enfers chancellent, on
souffre, on souffre, on souffre, et ce qui est
en haut penche, et ce qui est en bas
s'entrouvre, l'ombre demande à devenir lumière,
le damné discute l'élu, c'est le peuple qui
vient, vous dis-je, c'est l'homme qui monte,
c'est la fin qui commence, c'est la rouge aurore
de la catastrophe, et voilà ce qu'il y a dans ce
rire, dont vous riez !
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