Sujet 93
L'éducation sentimentale : Rencontre entre M.
Arnoux et Frédéric
C'est probablement en s'inspirant de ses
propres amours que Flaubert publie en 1861
"L'éducation sentimentale" qui retrace le
parcours initiatique d'un jeune homme sur toile
de fond de Restauration et de Second Empire. La
scène que nous allons étudier se situe au tout
début du roman et nous présente la rencontre
entre Frédéric Moreau et Marie Arnoux. Ce texte
est bien une rencontre amoureuse que nous allons
étudier sous la forme d'une lecture méthodique
qui, dans un premier temps, s'efforcera de
mettre en valeur M. Arnoux avant de s'intéresser
à l'éblouissement du jeune homme, et nous
verrons enfin qu'à travers l'attitude des deux
protagonistes, il est aisé ...
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Sujet 94
Madame de Bovary : Emma au Théâtre
C'est parce que Flaubert veut tuer en lui le
cancer du romantisme qu'il décide d'écrire
"Madame Bovary", titre qui contient en lui-même
la distance que l'auteur veut établir entre lui
et son personnage. Le texte que nous allons
étudier nous raconte une soirée au théâtre. Emma
est à Rouen et va assister à une représentation
d'un opéra romantique : Lucie de l'Amermour.
C'est pour Flaubert l'occasion de poursuivre
l'analyse du coeur de son héroïne et en même
temps de prendre une distance critique. Nous
allons faire une lecture méthodique de ce texte
qui s'efforcera dans un premier temps de mettre
en valeur la fascination d'Emma, puis nous
prendrons une distance critique avant ...
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Sujet 107
Gustave Flaubert : extrait de l'Éducation
Sentimentale
Mme Arnoux s'était avancée dans
l'antichambre; Dittmer et Hussonnet la
saluaient, elle leur tendit la main; elle la
tendit également à Frédéric; et il éprouva comme
une pénétration à tous les atomes de sa peau. Il
quitta ses amis ; il avait besoin d'être seul.
Son coeur débordait. Pourquoi cette main
offerte? Était-ce un geste irréfléchi ou un
encouragement? « Allons donc! je suis fou! »
Qu'importait d'ailleurs, puisqu'il pouvait
maintenant la fréquenter tout à son aise, vivre
dans son atmosphère. Les rues étaient désertes.
Quelquefois une charrette lourde passait, en
ébranlant les pavés. Les maisons se succédaient
avec leurs façades grises, leurs fenêtres closes
; et il songeait dédaigneusement à tous ces
êtres humains couchés derrière ces murs, qui
existaient sans la voir, et dont pas un même ne
se doutait qu'elle vécût ! Il n'avait plus
conscience du milieu, de l'espace, de rien; et,
battant le sol du talon, en frappant avec sa
canne les volets des boutiques, il allait
toujours devant lui, au hasard, éperdu,
entraîné. Un air humide l'enveloppa; il se
reconnut au bord des quais. Les réverbères
brillaient en deux lignes droites, indéfiniment,
et de longues flammes rouges vacillaient dans la
profondeur de l'eau. Elle était de couleur
ardoise, tandis que le ciel, plus clair,
semblait soutenu par les grandes masses d'ombre
qui se levaient de chaque côté du fleuve. Des
édifices, que l'on n'apercevait pas, faisaient
des redoublements d'obscurité. Un brouillard
lumineux flottait au-delà, sur les toits; tous
les bruits se fondaient en un seul
bourdonnement; un vent léger soufflait. Il
s'était arrêté au milieu du Pont-Neuf, et, tête
nue, poitrine ouverte, il aspirait l'air.
Cependant, il sentait monter du fond de lui-même
quelque chose d'intarissable, un afflux de
tendresse qui l'énervait, comme le mouvement des
ondes sous ses yeux. A l'horloge d'une église,
une heure sonna, lentement, pareille à une voix
qui l'eût appelé.
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