Sujet 58
Le Mariage de figaro : Acte I Scène 1
En 1784, Pierre de Beaumarchais a 52 ans. Cette
pièce, écrite six ans plus tôt, est acceptée à
la Comédie Française en 1781. Le roi trouvant la
pièce " détestable ", la censure. La première
représentation, qui eut lieu le 27 avril 1784,
fut un énorme succès savamment orchestré par
l'auteur lui-même. Mécontent, Louis XVI fait
emprisonner Beaumarchais à Saint-Lazare, mais
doit le libérer sous la pression de l'opinion
publique. Cette pièce continue l'intrigue du
Barbier de Séville, paru ...
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Sujet 178
Le Barbier de Séville de Beaumarchais
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Sujet 179
La Folle Journée ou le mariage de Figaro de
Beaumarchais
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Sujet 247
Le monologue de Figaro (Beaumarchais, Le Mariage
de Figaro, 1784 acte V, scène 3)
FIGARO — Que je voudrais bien tenir un de ces
puissants de quatre jours, si légers sur le mal
qu'ils ordonnent, quand une bonne disgrâce a
cuvé son orgueil ! je lui dirais... que les
sottises imprimées n'ont d'importance qu'aux
lieux où l'on en gêne le cours ; que sans la
liberté de blâmer, il n'est point d'éloge
flatteur ; et qu'il n'y a que les petits hommes,
qui redoutent les petits écrits. (Il se
rassied.) Las de nourrir un obscur pensionnaire,
on me met un jour dans la rue ; et comme il faut
dîner, quoiqu'on ne soit plus en prison, je
taille encore ma plume, et demande à chacun de
quoi il est question : on me dit que, pendant ma
retraite économique, il s'est établi dans Madrid
un système de liberté sur la vente des
productions, qui s'étend même à celles de la
presse ; et que, pourvu que je ne parle en mes
écrits, ni de l'autorité, ni du culte, ni de la
politique, ni de la morale, ni des gens en
place, ni des corps en crédit, ni de l'opéra, ni
des autres spectacles, ni de personne qui tienne
à quelque chose, je puis tout imprimer
librement, sous l'inspection de deux ou trois
censeurs. Pour profiter de cette douce liberté,
j'annonce un écrit périodique, et, croyant
n'aller sur les brisées d'aucun autre, je le
nomme Journal inutile. Pou-ou ! je vois s'élever
contre moi, mille pauvres diables à la feuille ;
on me supprime ; et me voilà derechef sans
emploi ! Le désespoir m'allait saisir ; on pense
à moi pour une place, mais par malheur j'y étais
propre : il fallait un calculateur, ce fut un
danseur qui l'obtint. Il ne me restait plus qu'à
voler ; je me fais banquier du pharaon : alors,
bonnes gens ! je soupe en ville, et les
personnes dites comme il faut m'ouvrent poliment
leur maison, en retenant pour elles les trois
quarts du profit. J'aurais bien pu me remonter ;
je commençais même à comprendre que pour gagner
du bien, le savoir-faire vaut mieux que le
savoir.
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